Instabilité et luxation du coude chronique

instabilité du coude et luxation chronique Actualités Pathologies

Luxation du coude : définition

Les pathologies du coude sont plus confidentielles que les autres articulations. En pratique courante le chirurgien orthopédiste est essentiellement amené à voir les pathologies en rapport avec la traumatologie (fractures du coude, luxations du coude, entorses du coude), les pathologies tendineuses (épicondylites), les pathologies dégénératives (arthrose du coude, osteochondromatoses) et des pathologies des nerfs (nerf ulnaire, nerf radial).

Nous allons voir, au travers de trois exemples les luxations et instabilités du coude.

L’articulation du coude est la seconde articulation en terme de fréquence de luxation. Avec une incidence d’environ 5/100 000, les luxations du coude représentent autour de 15% des traumatismes du coude.

75% des luxations du coude sont considérées comme simple, c’est à dire sans fractures associées.

Les éléments de stabilités du coude sont osseux, ligamentaires et musculaires.

Les luxations du coude surviennent le plus souvent lors d’une chute avec une réception sur la main le bras tendu. Le poids du corps vient alors reposer sur le coude et créer un mouvement de « torsion » au niveau du coude. Lors de ce mouvement les éléments de stabilité vont alors se rompre. En fonction de la position du bras et surtout de l’intensité du traumatisme les lésions vont être plus ou moins sévères.

Système ligamentaire du coude

Cas Clinique n°1 : Luxation du coude chronique

Contexte

Nous vous rapportons ici le cas d’un patient jeune ayant présenté un épisode de luxation du coude postera-médiale c’est à dire que son coude c’est luxé vers l’arrière et l’intérieur du coude.

Ici, il n’y a pas de fracture, les lésions sont purement ligamentaires.

La prise en charge immédiate a consisté à réduire le coude sous anesthésie et à immobiliser dans une attelle. Sur la radiographie ci-dessous, nous pouvons apercevoir un espace entre l’humérus et l’ulna (en rouge)

Dans ce cas, le patient est resté immobilisé pendant un peu plus d’un mois avant d’avoir un scanner de contrôle.

Le TDM montre toujours un coude luxé, avec l’ulna qui n’est pas en face de l’humérus.

Traitement

La prise en charge ici est forcément chirurgicale. Il n’est pas possible de simplement réduire le coude et de « ré-immobiliser » comme cela serait le cas juste après le traumatisme.

L’intervention se fait sous anesthésie loco-régionale et générale. Le premier temps est de voir si le coude peut se réduire simplement ce qui est rarement le cas.

Si le coude ne se réduit pas il faut alors le faire à ciel ouvert. Dans le cas présent il n’a pas été possible de réduire le coude simplement.

L’intervention a consisté à réaliser un « double abord » c’est à dire une incision à l’intérieur et à l’extérieur du coude.  Cela a permis de réduire le coude et de réaliser une ligamentoplastie en cadre encore appelée « box-procedure ».

Le principe ici est de « refaire » un cadre ligamentaire.

Le patient est ensuite immobilisé 3 semaines en position stable et de manière stricte puis rééduqué sous couvert de l’attelle pendant encore 3 semaines. L’extension est limitée en amplitude pendant 3 semaines.

La rééducation est active dès le début pour réactiver les éléments musculaires de stabilisation.

La prise en charge est complexe et longue avec une période d’immobilisation stricte initiale de 3 semaines puis relative 3 semaines de plus. La rééducation va s’étendre ensuite sur plusieurs mois.

Rendez-vous dans 15 jours pour le cas clinique n°2.