Articulation concernée : Épaule et coude

Prothèses totales d’épaule

Introducation

La mise en place d’une prothèse totale d’épaule se justifie lorsque la destruction de l’articulation est source de douleurs et de limitation fonctionnelle non soulagées par le traitement médical.

La principale indication est l’arthrose, mais les patients souffrant de rhumatismes articulaires (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, rhumatisme psoriasique), ou de séquelles de traumatismes sont également concernés par cette option thérapeutique.

Il existe plusieurs types de prothèses. Les prothèses totales d’épaule  anatomiques et les prothèses totales d’épaule inversées.

La prothèse dite anatomique concerne les patients dont les tendons qui mobilisent l’épaule sont encore présents.

Technique Chirurgicale

L’intervention consiste à remplacer les surfaces articulaires usées par des pièces prothétiques.

Elle est réalisée sous anesthésie générale associée à une anesthésie locorégionale (l’épaule et le bras sont endormis) pour diminuer les douleurs après l’intervention.
L’incision est réalisée soit sur la partie antérieure de l’épaule soit sur le côté de l’épaule selon la technique (Fig.1)

Voie antérieure d'épaule.
Voie antérieure d’épaule.

Les muscles et les tendons sont réclinés jusqu’à ouvrir l’articulation de l’épaule.

A l’aide d’instruments appelés ancillaire, le chirurgien réalise des recoupes osseuses afin de préparer l’humérus et la glène à recevoir les pièces prothétiques (Fig.2).

Prothèse totale anatomique
Prothèse totale anatomique

Elle se compose d’un implant pour la glène de l’omoplate, et d’un implant pour l’humérus.

De nouvelles prothèses dîtes stemless (sans tiges) peuvent être mise en place. Elles permettent d’être plus conservateur sur l’os. Cependant elles ne peuvent pas être mise en place dans tous les cas. (Fig.3)

Prothèse totale de type stemless.
Prothèse totale de type stemless.

Une fois l’intervention réalisée, un pansement est mis en place et le bras est immobilisé dans une écharpe.

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Suites opératoires et rééducations

L’hospitalisation dure en moyenne 4 à 5 jours.

Le lendemain de l’intervention l’infirmière refait le pansement. Un kinésithérapeute réalise votre premier lever et la mise au fauteuil.

Une première mobilisation douce est réalisée afin de conserver la souplesse de l’épaule.

Le retour à domicile se fait au bout du quatrième ou du cinquième jour selon la récupération.

Le protocole de rééducation est variable selon la technique et la prothèse mise en place. Quel que soit le protocole, la rééducation  vise à restaurer les mobilités et l’absence de douleur. Elle débute par une mobilisation passive, puis progressivement le patient récupère une mobilité propre utile dans la vie quotidienne.

Résultats

L’objectif de la chirurgie est double :

  1. Récupérer l’indolence, c’est-à-dire une épaule non douloureuse
  2. Obtenir la récupération fonctionnelle

84% des prothèses d’épaule anatomiques sont toujours en place au bout de 20 ans. C’est donc une prothèse qui dure dans le temps

La reprise des activités courantes est habituelle à partir du deuxième ou du troisième mois. La conduite est reprise le plus souvent à deux ou trois mois après l’intervention. Le bricolage et le jardinage vers le sixième mois.

Le résultat définitif se constate à 1 an post-opératoire.

La pratique d’activité sportive comme le golf, le tennis, le vélo et le ski sont possibles tout en restant raisonnable.

Risques

Les complications postopératoires immédiates sont rares.

  • L’hématome se résorbe en règle générale tout seul. Il peut exceptionnellement nécessiter une ponction évacuatrice ou un drainage chirurgical.
  • Le trouble de cicatrisation cutanée. L’évolution est très souvent favorable avec la poursuite des pansements.
  • L’infection profonde est exceptionnelle. Elle peut nécessiter une nouvelle chirurgie et un traitement prolongé par antibiotiques. Il vous est fortement déconseillé de fumer pendant la période de cicatrisation, le tabagisme augmentant de manière significative le taux d’infection.
  • L’algodystrophie est un phénomène douloureux et inflammatoire encore mal compris. Elle est traitée médicalement et peut durer plusieurs mois (voire parfois des années), entrainant une prise en charge spécifique avec rééducation adaptée, bilans complémentaires et parfois prise en charge spécifique de la douleur. Elle est imprévisible dans sa survenue comme dans son évolution et ses séquelles potentielles.
  •  Les lésions nerveuses sont rares, elles touchent le plus souvent le nerf axillaire. Il s’agit le plus souvent d’une lésion d’étirement, liée aux manœuvres durant l’intervention, qui récupère spontanément. Exceptionnellement il s’agit d’une atteinte plus grave qui peut justifier une nouvelle intervention et laisser des séquelles conséquentes.
  • La luxation de la prothèse, comme pour presque toutes les prothèses, peut survenir généralement à l’occasion d’un traumatisme ou d’un faux mouvement. Elle survient généralement dans les premiers mois suivant l’intervention. Elle nécessite une réduction associée à une immobilisation, mais peut parfois justifier, surtout si les luxations se répètent, une nouvelle intervention.
  • L’infection secondaire est une complication rare mais grave. Elle peut survenir même très longtemps après la chirurgie et peut provenir d’une infection à distance de l’épaule, comme une infection dentaire ou urinaire. Une infection sur la prothèse peut conduire à une nouvelle chirurgie. Il faudra donc surveiller attentivement, traiter les infections toute votre vie et prendre bien soin de votre peau en évitant toute plaie qui constituerait une porte d’entrée pour les bactéries
Mots clés : arthrose, épaule, Prothèse anatomique

fiche mise à jour le 23.10.2013

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