S’entrainer blessé(e) ? Ou comment gérer au mieux une blessure

La blessure sportive ne doit jamais être banalisée que l’on soit compétiteur de haut niveau ou simple pratiquant de sport loisir. Il faut donc gérer cette situation le plus intelligemment et le plus efficacement possible.

Vécue le plus souvent comme une contrariété voire une situation de culpabilité (« Ah si seulement j’avais été plus prudent ou mieux échauffé ou moins fatigué…. !!!! etc, etc…) parfois génératrice d’angoisse (« vais-je pouvoir reprendre un jour ma pratique sportive ? serais je prêt pour mon échéance de compétition ? y aura-t-il des séquelles ? ») la blessure sportive (ou de la vie quotidienne) marque un coup d’arrêt dans la vie du pratiquant.

Une fois la lésion présente il importe d’en poser le diagnostic précis au plus vite, ce qui permet un traitement adapté. Ne vous testez pas (risque d’aggravation !!!) et prenez l’avis d’un praticien spécialisé dans le domaine. Les diverses atteintes (os, muscles, tendons, ligaments, nerfs et vaisseaux parfois) ainsi que leur combinaisons potentielles se doivent d’être clairement identifiées. En effet le plus souvent les problèmes contiennent leur solution !! A bonne analyse lésionnelle bonne prescription thérapeutique !!! L’auto médication d’antalgiques et d’anti inflammatoires est à proscrire ! Elle peut être source d’aggravation lésionnelle.

Ce long préambule établi, comment s’entraîne-t-on  lorsque l’on est blessé ?

Tout d’abord cela dépend du type de blessure et de sa gravité. Le propos de cet article généraliste n’est pas de développer la traumatologie en détail (cela tient actuellement de l’encyclopédie !) mais de donner quelques règles simples à respecter afin de ne pas se ‘surblesser’ et de continuer à avoir une pratique adaptée en fonction de l’atteinte dont on est victime.

Une fois le diagnostic clairement établi et le traitement entamé, laissez une période ‘off’ à  votre organisme pour entamer les processus de réparation tissulaire. Une activité trop précoce peut être néfaste par les réactions biochimiques qu’elle entraîne et ainsi retarder la guérison voire laisser des séquelles. Cette phase est de 3 à 15 jours pour les lésions simples et parfois plusieurs semaines pour des atteintes plus graves. Ne vous mettez pas martel en tête suivez les conseils de votre coach et de vos soignants (kinésithérapeutes, médecins) ; soignez votre alimentation pour ne point vous transformer en bibendum.

Chaque cas est particulier mais il existe un principe de base permettant une pratique adaptée à la blessure : on fait tout ce que l’on veut sauf ce qui fait mal !!! Cela ne doit pas faire mal pendant l’activité ni après !!!  C’est  le principe d’indolence.

Ainsi une blessure musculaire sur le membre inférieur autorisera une pratique de la musculation du haut du corps ou bien de la natation avec un pull boy entre les cuisses….Ou encore du winch (vélo à bras).

Une fracture de clavicule laissera le loisir de marcher sur tapis roulant à faible intensité au départ (attention de ne point choir !!!) puis on intensifiera le rythme à mesure que les jours passent. Le vélo elliptique ou statique (sans utiliser le membre supérieur)  sont aussi utilisables.

Soyons clairs, il faut être raisonnable, donner du temps au temps et faire preuve d’un peu d’imagination et la pratique sportive adaptée est possible lorsque l’on est blessé. Evidemment il existe des cas extrêmes  mais ils ne sont pas l’objet du présent article.

Ainsi avec une gestion intelligente de la blessure on peut obtenir des temps de guérison et de reprise d’activité relativement courts sans perdre les bénéfices si chèrement obtenus par de longs mois (années !!??) d’entrainement. En effet, sachez que dès 48h d’inactivité le muscle commence à s’atrophier et les capacités cardio pulmonaires à décliner (imaginez la détresse des athlètes de haut niveau alités pour blessure avant les échéances importantes !! ils voient leurs chances de médaille s’envoler…)

Au total :

  • Analyse soigneuse de la lésion (médecin)
  • Prise en charge spécialisée (médecin, kiné, coach)
  • Délai de repos sportif (soignez alimentation hydratation et sommeil !)
  • Reprise très progressive adaptée à la blessure respectant le principe d’INDOLENCE (merci Coach !!!)
  • Retour progressif  au niveau antérieur sans séquelles si bonne observation de ces conseils (et bien sûr si la blessure peut guérir sans séquelle)

Merci de votre attention !!!

 

Dr JC MINIOT

Mis à jour le16/12/2013